Union européenne et préférence européenne.
L’Union européenne veut permettre aux collectivités de privilégier les fournisseurs européens dans leurs appels d’offres et simplifier drastiquement les procédures. Un enjeu considérable : les marchés publics représentent quelque 2 000 milliards d’euros par an, soit 15% du PIB de l’Union.
La Commission européenne propose, en cette rentrée de septembre 2026, un nouveau cadre pour les appels d’offres internationaux. Une initiative plutôt radicale qui permettrait de donner la possibilité aux collectivités publiques des pays de l’Union d’exclure d’emblée les entreprises chinoises de leurs appels d’offres. L’objectif est d’encourager le recours aux fournisseurs strictement européens dans les marchés publics. Autant dire une petite révolution par rapport aux règles commerciales que nous connaissons aujourd’hui, et qui suscitent bien souvent l’incompréhension jusque dans l’opinion publique.
Le projet – qui doit encore suivre le cheminement législatif et parlementaire européen avant d’entrer en vigueur – vise d’abord à simplifier les démarches administratives des collectivités et des entreprises, en réduisant la réglementation des marchés publics. Le cahier des charges passerait ainsi de 900 à 200 pages, une révolution copernicienne pour les administratifs bruxellois. En réduisant ainsi la paperasse, Bruxelles espère faciliter la vie des acheteurs publics (les collectivités locales des pays membres) et encourager plus d’entreprises privées à soumettre des offres pour gagner des marchés, notamment des PME qui, bien souvent, ne se lancent pas dans la bataille car elles se considèrent vaincues d’avance.
La préférence européenne dans les appels d’offres.
Un seuil minimum serait également imposé. Si cette réforme est approuvée par les 27 États membres de l’Union et les eurodéputés, les acheteurs publics devront, en principe, inclure dans leurs contrats une part minimum de 30% de critères autres que le prix. Par exemple, des exigences sociales, environnementales ou des critères de qualité. Cela pour favoriser une « préférence européenne ou locale » dans l’achat des produits et services… le principe du circuit court en quelque sorte.
Les enjeux économiques sont importants : au niveau européen, les marchés publics représentent aujourd’hui une manne financière de quelque 2 000 milliards d’euros par an, l’équivalent de 15% du Produit intérieur brut de l’Union (sa richesse globale). C’est un levier d’action important qui donnerait une bouffée d’oxygène aux entreprises européennes aujourd’hui écrasées par la concurrence asiatique en général, chinoise en particulier. Si tout suit son cours normalement à Bruxelles, les nouvelles règles sont censées aboutir dès le mois prochain, en octobre 2026.
